samedi 31 décembre 2011

2012

Le signaleur vous annonce l'arrivée très proche de 2012 et remercie tous ses lecteurs pour leur intérêt et leur patience.
Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente année, reçue forte et claire. 

crédit j28ro.blogspot.com

Musée des Armées Lucien Roy

L'année 2011 a vu une hausse de près de 5% de la fréquentation des musées grâce notamment à un coût moins élevé que le cinéma ou les parcs d'attraction. Le 11 novembre a également été l'occasion d'inaugurer le musée de la Grande Guerre à Meaux qui comblera sans aucun doute les amateurs d'histoire militaire.

Musée Lucien Roy crédit: besancon-tourisme.com

Si ces mêmes passionnés - ou juste intéressés par l'histoire nationale - passent par le plus grand des hasards en Franche-Comté, la visite du musée des Armées Lucien Roy est un incontournable. Situé à Beure - 5kms de Besançon - et baptisé du nom d'un enfant du pays tué en 1915, ce petit musée est installé dans une maison vigneronne du XVIIIème siècle et organisé autour de 12 salles. Les matériels et documents exposés remontent de la conquête française de la région - 1674 - et couvrent le XIXème et le XXème siècle jusqu'à la guerre en Ex-Yougoslavie. Les conflits auxquels la France a participé depuis 1870 sont représentés à travers des témoignages, affiches, maquettes des champs de bataille. Plus de 200 mannequins en uniforme, de nombreux objets du quotidien évoquent le vécu des combattants, chacun d'entre eux provenant de dons et ayant donc appartenu aux acteurs de ces périodes troublées.

Plusieurs thèmes sont développés dans la scénographie, ainsi 2 salles sont dédiées aux rôles des femmes dans les conflits, mais aussi le rôle des troupes coloniales, la résistance, la déportation, etc.

musée Lucien Roy , crédit: besancon.fr
 Quelques pièces sont de vraies raretés telles que le poêle à bois du général de Gaulle à Colombey ou  l'hélice du SPAD 1916  du coéquipier de Guynemer ou enfin un maillot de corps "détricotable" pour fabriquer une corde d'évasion.
Au regard de sa taille, le musée est un peu victime de la densité des pièces présentées mais celles-ci sont le gage de l'authenticité et de l'attrait de la collection, on pardonnera donc facilement l'aspect chargé des différentes salles. 

Ouvert toute l'année sur rendez-vous aux groupes d'au moins 5 personnes. Ouvert au public de 14h à 18h le 8 mai, pour les journées du patrimoine et le 11 novembre.
Association des Amis du musée Lucien Roy
70 rue de Besançon 25720 Beure
museelucienroy@orange.fr
RDV par tél: 03 81 52 60 30

A visiter également à Besançon au sein de la citadelle le musée de la Résistance et de la Déportation .

mardi 20 décembre 2011

Filmographie indispensable (2): Frères de Sang -Taegukgi (2004)

Cette fois, c'est l'actualité qui inspire ce billet cinématographique. En effet, la mort du "cher" leader Kim Jong-il remet la Corée au devant d'une actualité internationale toujours dense. Ce pays est encore aujourd'hui l'une des victimes collatérales de l'opposition bipolaire entre occident et communisme. Comme l'Allemagne, il subit la partition à hauteur du 38ème parallèle en 1953, à l'issue d'une guerre fratricide. Alors que l'Allemagne connaissait la réunification en 1990, la Corée du Nord persiste, avec l'appui de la Chine, dans la voix d'un communisme forcené et montre régulièrement les dents à une Corée du Sud pas forcément moins agressive soutenue par les Etats-Unis. Plusieurs films ont traité de la guerre de Corée - Baïonnettes au canon, Côte 465, Les ailes de l'espérance ou encore la série U.S. M.A.S.H. - mais la plupart avec une vision occidentale ou plus précisément hollywoodienne. Frères de Sang - Taegukgi sorti en 2004 fait donc figure de quasi exception car c'est un des rares films coréens parlant de la guerre civile et ayant connu une vraie carrière internationale.


Le fil conducteur du film repose sur l'histoire de deux frères, l'aîné travaillant durement pour envoyer son cadet à l'université. Tout est remis en cause lorsque la guerre éclate entre les deux Corées le 25 juin 1950 et que le plus jeune est enrôlé de force. Son frère qui tente de faire annuler sa réquisition subi alors le même sort. La caméra suit l'évolution des deux frères au milieu d'un conflit qui les dépasse totalement.


Film le plus cher du cinéma coréen à sa sortie avec un budget de plus de 12 millions de dollars, Frères de Sang est assurément du grand spectacle. Avec près de 25000 figurants, de gros efforts pour reconstituer le plus fidèlement possible les équipements militaires et des effets  spéciaux de qualité, certaines scènes de combat sont d'une rare efficacité. Le réalisateur, Kang Je-gyu, a fait le choix du réalisme en reprenant les nouveaux codes du genre initiés par le film de Spielberg, "il faut sauver le soldat Ryan". Et c'est vrai que les analogies sont nombreuses ce qui pour certains critiques s'apparente à du plagiat. Néanmoins, la spécificité historique donne tout son intérêt à cette œuvre. On suit l'entrée en guerre de la Corée du Sud manquant totalement de préparation ce qui amène les armées du Nord aux portes de Séoul avant que les Etats-Unis décident d'entrer en action afin d'éviter l'"effet domino" communiste. La Corée du Sud reprend le dessus et franchit à son tour la frontière du Nord jusqu'à ce que la Chine entre à son tour dans la danse rééquilibrant ainsi les forces en présence. Il n'y a pas de vrai parti pris ni aucune complaisance non plus dans l'évocation du comportement des combattans - et des non-combattants - du Nord comme du Sud. Parfois manichéen, souvent perturbant, le film manque parfois d'un peu de finesse mais il parvient à éclairer les traumatismes toujours vivaces engendrés par ce conflit dont le résultat perdure aujourd'hui avec la scission de la Corée depuis 1953.



Frères de Sang - Taegukgi* (2004) de Kang Je-gyu avec Jang Dong-gun et Won Bin; durée: 147 mn DVD Universal
* drapeau national Sud-Coréen

N.B.: N'hésitez pas à laisser vos commentaires, d'accord pas d'accord, afin que chacun puisse se faire une idée et choisir de regarder...ou non

dimanche 18 décembre 2011

filmographie indispensable: Warriors, l'impossible mission (1999)

Les fêtes de fin d'année et les vacances qui les accompagnent éventuellement permettront à certains d'entre vous de prendre du temps pour se divertir. Un bon DVD pourrait vous y aider. Je vous recommande donc de regarder ce téléfilm britannique: Warriors, l'impossible mission. Au vu de mes centres d'intérêt, vous aurez rapidement compris qu'il ne s'agit pas de la mission qui incombe au père Noël chaque année, la nuit du 24 au 25 décembre. En effet, le sujet est bien plus grave mais la qualité et la pertinence de ce film méritent d'être soulignés.



Liverpool 1992, l'armée britannique rappelle ses soldats permissionnaires pour les envoyer en Bosnie sous l'égide des Nations-Unies. Leur mission est alors de protéger les populations civiles exposées aux coups des belligérants. Le téléfilm suit principalement trois soldats d'une même unité, un homme du rang et deux lieutenants, confrontés à la réalité du déchirement yougoslave. Le réalisateur, Peter Kosminsky, montre avec beaucoup de réalisme la complexité de cette mission d'interposition et les états d'âme qu'elle engendre, difficile, en effet, pour ces soldats professionnels de porter secours aux populations sans prendre partie dans le conflit. Entraîner pour faire la guerre, ils s'engagent dans une opération humanitaire qui les exposent sans qu'ils puissent répondre librement.

IFV Warriors donne son nom au téléfilm, crédit inconnu

Tourner avec un style proche du documentaire, le film dépeint avec un grand réalisme les difficultés rencontrées par l'armée britannique en Bosnie et l'usure de ses soldats qui enchaînèrent Ex-Yougoslavie et l'Irlande du Nord, encore extrêmement agitée au début des années 90.
A ce titre, l'évolution du lieutenant Feeley (Ioan Gruffudd) au cours de ce téléfilm rend très concret le conflit entre l'éthique  et la mission qu'on lui a donné, comme l'a sans doute vécu le général Morillon à Srebrenica. Aiguillon de la réflexion déontologique, ce programme peut sans aucun doute être diffusé dans le cadre de la formation des jeunes officiers. Ces derniers ont ainsi l'occasion de réfléchir sur ce qu'ils feraient dans pareil cas sans avoir le stress lié au conflit.




Accompagné en bonus d'un extrait du dessous des cartes, le DVD permet, de plus, de comprendre comment la Yougoslavie de Tito s'est disloquée et rappelle combien la guerre fut intense et meurtrière si près de nous il y a près de 20 ans déjà.
Indispensable donc!
 
 
Warriors l'impossible mission (1999) de Peter Kosminsky avec Ioan Gruffudd, Matthew MacFadyen, Damien Lewis, Tom Ward durée: 171 min DVD BBC aux Editions Montparnasse.

samedi 10 décembre 2011

BPC: le couteau suisse de la Marine Nationale

Sea Power

Lorsque l'amiral Alfred Thayer Mahan (1840 - 1914)  a voulu comprendre ce qui faisait la puissance du Royaume-Uni, il en a déduit que le leadership mondial passait par la maîtrise des mers pour pouvoir commercer en temps de paix et en assurer le contrôle en temps de guerre. Ses réflexions sur le "sea power" influencent grandement la politique extérieure américaine qui se dote peu à peu d'une marine puissante. Héritière de cette pensée, la thalassocratie américaine continue de dominer les océans conservant ainsi une longueur d'avance sur la Chine dont les capacités de projection maritimes lui interdisent encore - mais pour combien de temps? - de prétendre au même rang de puissance militaire. 


Multi-pass

Au regard de ce concept géopolitique, la France, bien que ne disposant pas des moyens américains, a su développer un outil particulièrement efficient: le BPC bâtiment de projection et de commandement. Produit conjointement par DCNS et STX France - ex Chantiers de l'Atlantique - sur les chantiers navals de Saint-Nazaire, ce navire s'avère novateur par sa capacité multifonction. A partir d'une même plateforme, il peut être un porte-hélicoptère, un navire-hôpital de plus de cinquante lits, un transport de troupes, un moyen de mise en œuvre d'assaut amphibie et enfin un bâtiment de commandement. 
Cette modularité est indéniablement un atout. Elle offre, en effet, aux forces armées françaises la capacité de répondre à la majorité des problématiques actuelles, de la crise humanitaire à une crise plus conventionnelle nécessitant l'envoi d'un corps expéditionnaire pouvant être commander à partir du navire même.

BPC Mistral et hélicoptère TIGRE, crédit inconnu


Les deux premiers bateaux de ce type, le Mistral et le Tonnerre,  ont été mis en service respectivement en 2006 et 2007 et ils disposent d'ores et déjà d'une belle expérience opérationnelle. Le Mistral a ainsi participé à l'opération baliste en 2006 dès sa sortie de chantier. Il démontre rapidement sa pertinence en succèdant au Sirocco en tant que bâtiment de commandement et en évacuant plus de 1300 ressortissants. En 2008, il apporte un soutien humanitaire en Birmanie à la suite du cyclone Nargis. Enfin, cette année les deux BPC ont participé à la campagne lybienne - opération Harmattan - en permettant notamment le déploiement déterminant des hélicoptères de l'aviation légère de l'armée de terre.




La France qui dispose, pour l'heure, de deux BPC - le Mistral et le Tonnerre - a prévu d'en acquérir quatre, le Dixmude, devant être opérationnel courant 2012, assurera la mission de formation "Jeanne d'Arc"


Exportation?

Fonctionnel et semble-t-il doté d'un bon rapport qualité prix, le bâtiment de projection et de commandement pourrait être un succès à l'exportation au regard des besoins croissants de moyens de projection. Preuve de l'intérêt qu'il suscite, la Russie a signé un contrat pour quatre navires de ce genre dérogeant à ses habitudes de préférence nationale dans l'achat d'armement. Ce contrat a d'ailleurs créé une polémique au sein des pays de l'OTAN car certains voient d'un très mauvais œil le renforcement des capacités de projection des armées russes surtout à la suite de la guerre en Géorgie. L'amiral russe Vysotskiy avait d'ailleurs précisé qu' "un tel bateau aurait permis à la flotte de la Mer Noire d'envahir la Géorgie en quarante minutes au lieu de vingt-six heures".
A l'heure des interrogations sur la vente du Rafale à l'exportation et vu la capacité gauloise à l'autocritique dans ce domaine comme dans d'autres, il est important de noter que la France peut encore conduire des projets d'armement cohérents lui permettant pendant encore quelque temps d'être présent dans la résolution des crises internationales et de prétendre à une partie du "Sea Power" de l'amiral Mahan.

Pour suivre au mieux les problématiques maritimes et notamment les moyens de la Royale, je vous conseille la lecture du blog Le Fauteuil de Colbert  . Vous y trouverez notamment des informations bien plus détaillées et pertinentes sur les BPC, bonne lecture...

samedi 3 décembre 2011

Le réveil de l'ours russe

La fin de l'empire soviétique en décembre 1991 - il y a déjà 20 ans - a laissé la place à la seule super puissance américaine et entraîné l'hibernation forcée des rêves de puissance russe. Après quelques années de léthargie, la diplomatie russe semble s'être décomplexée lui permettant de retrouver un rôle dans les affaires du monde.

La descente aux enfers

Après le référendum de décembre 1991 où les Ukrainiens se déclaraient massivement favorables à l'indépendance - les Russes vivant en Ukraine compris - Mikhael Gorbatchev n'a pas eu d'autre choix que de constater la fin de l'empire construit par Lénine et Staline. Empétrée dans les difficultés économiques et la volonté d'indépendance de nombreuses régions de la fédération, la Russie est alors trop occupée à lutter pour sa survie pour penser à peser dans la diplomatie mondiale. Elle vit alors ce qu'elle considère longtemps comme une suite d'humiliation. En effet, libérés du joug soviétique, les pays d'Europe de l'Est se rapprochent massivement de l'occident en cherchant l'intégration au sein de l'Union Européenne ou en frappant à la porte de l'OTAN. Pour stopper l'hémorragie indépendantiste, la Russie de Boris Eltsine décide d'intervenir en Tchétchénie en 1994. Après un bombardement massif et la prise de la capitale Grozny, les troupes russes sont confrontées à une résistance féroce qui voit les rebelles tchétchènes reprendre la ville et entraîner le retrait russe en août 1996.


Grozny - crédit inconnu



Lorsque la crise yougoslave se transforme en guerre, la Russie ne peut empêcher l'intervention américaine qui condamne ses cousins slaves de Serbie. le schéma se reproduit en 1999 lors de la scission du Kosovo bien que cette fois les Russes montrent davantage de résistance en envoyant un contingent sur place et en suspendant sa coopération avec l'OTAN. Cela ne suffit pas à influer sur l'issue du conflit et la Serbie est une nouvelle fois contrainte par la communauté internationale de céder.

les premiers signes du réveil

l'arrivée de Vladimir Poutine coïncide avec les premiers sursauts de la puissance russe. En 1999, il décide d'intervenir à nouveau en Tchétchénie après plusieurs attentats. Bien que les forces russes connaissent à nouveau de grandes difficultés, elles parviennent à reprendre Grozny en février 2000. Dans cette opération, la Russie parvient à installer au pouvoir des hommes qui lui sont inféodés tel que Ramzan Kadirov sans se préoccuper des faibles remontrances internationales.
L'amélioration de la situation économique à partir de 1998 favorise la prise de parole russe. Forte de ses réserves gazières et pétrolières, la Russie dispose d'un avantage économique qui croit au même rythme que le besoin de ces matières premières. cela fait dire à M. Poutine que Gazprom est un puissant levier d'influence économique et politique sur les autres pays. Il n'hésite d'ailleurs pas à utiliser cette force dans ses relations avec l'Ukraine mais aussi l'Europe qui dépend largement des exportations russes.

Désinhibition et retour au statut de superpuissance?

2008 marque le tournant géostratégique pour la Russie. L'Ukraine et la Géorgie cherche alors à rejoindre l'OTAN et les Etats-Unis ne tentent pas de les en dissuader. Les Russes, estimant que le cas de ces pays ne pouvait être le même que la Pologne ou l'Estonie, préviennent qu'ils ne laisseront pas ces adhésions se faire. Après plusieurs esclandres diplomatiques, la Russie décide d'intervenir militairement en Géorgie prétextant de protéger ses citoyens abkhazes et Sud-Ossètes. Après quatre jours d'intervention, Medvedev, estimant les objectifs atteints, stoppe l'armée. Il décide de la laisser sur place pour garantir la paix. Cette opération est un signal fort lancé aux occidentaux: la Russie peut à nouveau dire non et faire respecter son avis.


crédit: deesillustration.com
 
Après avoir fait sauter un verrou psychologique, la Russie cherche à trouver sa puissance d'antan. Pour cela, elle fait le choix de moderniser sa défense et à s'équiper d'outils de projection tels que les quatre BPC de type Mistral commandés à la France. Cela doit l'aider à faire valoir ce qu'elle considère comme ses droits, notamment dans l'Arctique où les réserves en matière première entraînent d'ores et déjà un accroissement des tensions. Le gouvernement russe n'hésite d'ailleurs plus à montrer sa force comme le montre les différentes annoncent militaires autour de cet enjeu - création de deux brigades pour l'Arctique, nouveaux sous-marins, modernisation des brise-glaces, etc.
La gestion de la crise en Syrie est un autre exemple de la diplomatie décomplexée russe. Opposée à une quelconque intervention occidentale, elle joue de son véto au conseil de sécurité à l'ONU pour l'empêcher. Et pour appuyer cette position, la Russie a décidé de l'envoi d'un groupe aéronaval envoyant ainsi un nouveau signal fort.
Enfin, face à la volonté américaine persistante de créer un bouclier anti-missiles en Europe, la Russie menace de répondre par la mise en place d'un système propre, comme aux plus belles heures de la guerre froide.


BPC Mistral - crédit: Theatrum Belli


Pendant que les Etats-Unis connaissent un déclin relatif de leur domination géopolitique comme l'écrit Stéphane Taillat , la Russie affirme ses positions et s'inscrit comme prétendant au statut de super puissance. Signe - anecdotique? - de son poids géopolitique croissant, 50 000 serbes du Kosovo ont fait une demande pour obtenir la nationalité russe. Ils considèrent en effet que seule la Russie peut dorénavant leur permettre d'atteindre leur revendication face aux occidentaux.

dimanche 27 novembre 2011

Opération NUNTIUS Belli: offrez votre soutien pour Noël

En cette période ante Noël particulièrement exigeante en matière de générosité, il est difficile de souscrire à chaque action de bienfaisance. Cependant l'opération NUNTIUS Belli ne vous prendra que peu de temps et apportera beaucoup. Lancée à l'été par le blog Theatrum Belli et Pascal Dupont, cette opération apolitique vise à envoyer des messages personnels de soutien aux militaires français actuellement en Afghanistan soit près de 3500.


En effet, cette période de fête familiale est un cap souvent compliqué pour les troupes en opération et les marques de soutien ne peuvent que faciliter le passage de ce cap.
Alors n'hésitez pas, prenez la plume (le clavier) et laissez parler votre cœur, vos mots de soutien seront appréciés à leur juste valeur (je peux en témoigner). Pour cela vous trouverez un formulaire de messagerie sur le site de Theatrum Belli afin de vous faciliter la tâche. Et puis, pas d'inquiétude, s'il y a trop de messages, je suis certain que nos soldats au Liban ou partout ailleurs dans le monde auront le même plaisir à vous lire. 
Un grand merci pour eux!

samedi 19 novembre 2011

Une préparation militaire pour les parlementaires

Image positive et indifférence

Depuis les années 2000, les sondages montrent que près de 85% des Français ont plutôt une bonne image de la défense. S'il y a lieu de s'en réjouir, ces bons chiffres ne peuvent cacher une réalité que le lieutenant Nicolas Barthe a expérimenté à la sortie de son livre "engagé". Régulièrement questionné sur son livre et son expérience afghane, il s'est étonné non pas des a priori mais de la grande ignorance de la population et parfois même de la presse pour la chose militaire. Avec la fin de la conscription, le lien armées-Nation s'est peu à peu distendu et l'indifférence des Français n'est que ponctuellement interrompu par l'hommage rendu aux soldats morts en Afghanistan ou encore au 14 juillet (qui réunit au moins autant de Français que de touristes étrangers sur les Champs Elysées). Cette ignorance/indifférence se traduit également dans un autre sondage: près de 65% des personnes interrogées estiment que l'Etat devrait baisser en premier lieu ses dépenses en matière de défense en cette période de crise profonde.

Politique sans défense


L'Assemblée Nationale crédit: défense.gouv.fr

Le chantier est donc grand pour que les Français s'intéressent à nouveau à leur défense dans un monde qui lui, en dehors de l'Europe, se réarme. Dans ce contexte, les armées sont en partie responsable du maintien du lien avec la Nation (ce qui se compliquera encore avec la baisse du budget communication décidée suite aux différents plan d'économie) et par souci d'efficacité, elles auraient tout intérêt à se préoccuper de la représentation nationale. En effet, émanation de la population française, les parlementaires, députés et sénateurs, sont eux aussi peu à peu déconnectés du monde militaire. Bien sûr, un grand nombre d'entre eux a pu faire son service national mais cela date déjà du "siècle dernier" et l'armée de conscription était bien différente de l'armée professionnelle actuelle confrontée à une grande variété de missions. La féminisation croissante et nécessaire des hémicycles, le renouvellement des générations de parlementaires font qu'ils n'auront bientôt plus que la journée d'appel et de préparation à la défense (JAPD) pour se faire une idée sur les forces armées. De plus, les dernières réformes, notamment la création des bases de défense, ont contribué à créer de nouveaux "déserts militaires", ainsi de nombreux parlementaires n'ont plus aucune occasion de côtoyer de militaires dans leurs circonscriptions. 
Bien sûr, il existe dans chacune des assemblées une commission défense, bien sûr chaque parlementaire ne peut pas être un expert de la chose militaire mais certaines questions posées ("avez-vous développé une réflexion sur l’emploi de l’arme blindée cavalerie dans les futurs conflits en zone urbaine, qui pourraient potentiellement avoir lieu sur le territoire national ?") lors d'audition des autorités militaires laissent parfois songeur comme le relevait il y a quelques temps le site Mars attaque.
Au regard de cette méconnaissance, il est moins surprenant de constater le peu d'empressement des parlementaires à débattre sur le livre blanc de la défense et de la sécurité nationale ou encore des opérations extérieures alors que ce débat notamment pour l'Afghanistan est nécessaire et souhaité par les militaires eux-mêmes.

Reprendre le contact

Des démarches existent pour familiariser nos parlementaires à la défense: visite des troupes sur les théâtres d'opérations, démonstrations de matériel et conférences avec l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale (IHEDN) mais cela reste anecdotique pour réellement porter ses fruits. 


Visite du député Ph Folliot en Afghanistan crédit: defense.gouv.fr

Aussi une des solutions (utopiste?) pourrait être la réalisation d'une période de découverte du milieu militaire pour chacun des parlementaires après son élection. Comme pour les préparations militaires découverte proposées aux jeunes Français, députés et sénateurs pourraient bénéficier d'une période d'immersion au sein des forces armées pour vivre le quotidien d'une caserne, d'un bâtiment de la Royale, d'une base aérienne. Ils auraient alors la possibilité de suivre des informations sur le fonctionnement de la défense, l'état des infrastructures et des matériels mis à la disposition des troupes. Cette immersion leur permettrait enfin de rencontrer les femmes et les hommes qui oeuvrent pour la défense de la France et de ses valeurs créant ainsi un lien concret avec les unités qui les ont accueillis. 
Certes, cette proposition peut sembler irréaliste mais il faut néanmoins réfléchir aux actions à mener pour ne pas que le lien avec la représentation nationale se délite totalement. Puisque Clémenceau estimait que "la guerre est une chose trop grave pour être confiée aux militaires", il convient au moins que le politique connaisse ses outils pour la mener du mieux possible.

mardi 1 novembre 2011

Les fleurs de novembre

Bien qu'aux portes de l'hiver, le 11 novembre voit fleurir une petite fleur bleue depuis maintenant 77 ans. C'est à partir de 1934 que furent vendus lors de la commémoration de l'armistice des fleurs de bleuet confectionnées par les anciens combattants. L'Etat français officialise cette vente dès 1935 et à chaque 11 novembre afin de témoigner de la reconnaissance de la nation et venir en aide à ceux qui l'ont servi si dignement. A compter de 1957, le 8 mai est le deuxième jour de collecte autorisée. Aujourd'hui, c'est l'office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) qui a repris en charge la gestion de l’œuvre nationale du bleuet de France. 

Copyright Galerie Michel Graglia 2011

Fleurs des champs

Au sortir de la Grande Guerre, Charlotte Malleterre et Suzanne Leenhardt, toutes deux infirmières au sein de l'institution nationale des Invalides mettent en place un atelier pour les pensionnaires dans lesquels ces derniers confectionnent des fleurs de bleuet en tissu pour qu'ils puissent les vendre et ainsi subvenir en partie à leurs besoins. Le bleuet est alors choisi pour être le symbole national du souvenir. Plusieurs hypothèses expliquent ce choix:
Ce serait tout d'abord un hommage à la couleur de la nation, le bleu première couleur du drapeau français.
Ce pourrait être également un hommage aux jeunes soldats arrivant sur le front dans leurs uniformes bleu horizon et que l'on nommait les bleuets.
Enfin, la fleur des champs qui malgré la fureur des combats et le chaos de la guerre, continuait à pousser sur les champs de bataille.
Cette dernière hypothèse est également à l'origine du choix du coquelicot (poppy) outre-Manche, et même plus généralement, au sein du Commonwealth pour symboliser le souvenir de ceux morts à la guerre. Son utilisation fut inspirée par un poême écrit par le lieutenant-colonel John McCrae, médecin militaire canadien, In Flanders Field.

Mémoire défaillante

Or, donc si Français et Anglo-saxons ont fait le choix commun d'une fleur des champs pour commémorer le souvenir des anciens combattants après la première guerre mondiale, la ressemblance, aujourd'hui, s'arrête là. En effet, à la différence de la France, la vente de coquelicots en papier commence près de deux semaines avant le jour du souvenir (le 11 novembre) et l'adhésion publique semble sans commune mesure. Durant cette période, impossible de croiser une autorité politique ou tout autre personnage important du royaume britannique sans la petite fleur rouge à la boutonnière: tous les entraîneurs de premier league, la première division du championnat de football en Angleterre, arborent également le coquelicot qu'ils soient Anglais ou non.

Arsène Wenger entraîneur français d'Arsenal crédit arsenal.com

Chaque cimetière regroupant des soldats du Commonwealth se voient parer de rouge pour l'occasion, la Normandie pouvant en témoigner.



Dans le même temps, le bleuet n'apparaît généralement que le jour même des cérémonies du 11 novembre. Celles-ci ne rassemblent plus que très peu de monde et seule la volonté de certaines communes permet d'obtenir une assistance conséquente grâce notamment aux écoles. Les autorités politiques arborent plus ou moins ostensiblement le bleuet lors de cette unique journée et elles sont bien souvent les seules. 
Cette lente désaffection engendre un cercle vicieux car environ 25% de ce qui est collecté par l'oeuvre nationale du bleuet est utilisé pour l'organisation de manifestation de mémoire. Si la mémoire n'est pas entretenue, le bleuet perd sa signification et ses donateurs etc.
Pour éviter cela, prenons exemple sur nos voisins anglo-saxons, affichons le bleuet quelques semaines avant le 11 novembre, incitons nos élites à l'afficher à leur boutonnière pour donner l'exemple, expliquons, communiquons, en tout état de cause, ne laissons pas les soldats tombés au champ d'honneur mourir une nouvelle fois dans la mémoire collective en faisant fleurir le bleuet de novembre.

Soutenez le bleuet de France:

dimanche 30 octobre 2011

Le Danemark porte d'entrée de l'Arctique pour la Chine

Lors d'un discours prononcé à Pékin, l'ambassadeur du Danemark en Chine, Friis Arne Peterson, a estimé légitime et naturel l'intérêt économique et scientifique du pays communiste pour l'Arctique bien qu'il ne soit pas frontalier de cette zone. Il a poursuivi en précisant que son gouvernement souhaitait que l'on lui accorde le statut d'observateur permanent au Conseil Arctique.

Une Europe de plus en plus "sino dépendante"?

Cette déclaration, dans le contexte économique actuel, n'est pas forcément surprenante. En effet, l'Union Européenne à laquelle appartient le Danemark, traverse la pire crise de son histoire ce qui l'a obligé à accepter l'aide de la Chine pour soutenir son économie. Le Danemark qui dispose potentiellement avec le Groenland de ressources naturelles importantes devra faire de très gros investissements pour pouvoir les exploiter. Certains analystes voient donc dans le discours de l'ambassadeur danois un appel du pied aux investisseurs Chinois.

crédit le figaro: station de recherche chinoise en Antarctique


La Chine n'a jamais caché son intérêt pour la région et ne souhaite pas voir les Américains, Russes et Canadiens se partager le futur eldorado. Elle possède d'ailleurs depuis 2004 une station de recherche scientifique sur l'archipel de Svalbard et a lancé la production d'un brise-glaces de plus de 8000 tonnes pour 2013. Pour justifier sa présence dans le cercle arctique, la Chine estime que les eaux polaires devraient être considérées comme internationales.

Canada, l'attaque pour défense

Evidemment, les riverains de l'Arctique ne sont pas tous d'accord avec le Danemark. A commencer par le Canada qui suit avec la plus grande attention l'évolution des velléités chinoises. Certains observateurs n'hésitent pas à mettre en garde la Chine en précisant que l'argument des eaux internationales pouvait lui être retourné concernant ses prétentions sur le sud de la mer de Chine, voire même sur l'île de Taïwan. Les Analystes canadiens estiment que l'offensive est la meilleure défense et que le Canada devrait saisir la justice internationale pour légitimer définitivement ses prétentions sur l'Arctique.
Quoiqu'il en soit le jeu est aujourd'hui lancé

Pour plus d'information voire mes billets précédents ici et ici
source: http://www.vancouversun.com/news/China+enters+Arctic+equation/5625478/story.html

mardi 25 octobre 2011

L'Islande redevient-elle stratégique?


L'Islande est un des premiers pays à avoir subi de plein fouet les conséquences de la crise financière de 2008. Son système économique et ses banques étant fortement liés aux Etats-Unis, il n'est pas surprenant que cette petite nation -103125 km2 pour un peu plus de 300000 habitants - soit une des premières victimes de la crise des subprimes. Ironie du sort, cette proximité avec les Etats-Unis a souvent été mal vécue par les Islandais qui se l'était vu imposée par la position géographique de l'île et l'évolution de l'Histoire.

Crédit Icelandair

Un revolver sur la tempe

Isolée au nord de l'Europe, dotée d'un climat particulièrement rude, l'Islande n' a été rattachée au continent que par son appartenance à la Norvège puis à la couronne danoise, elle obtient son entière indépendance en 1944. Pauvre et inhospitalière, l'île a toujours été préservée des conflits qui ravagèrent l'Europe même si elle eut a subir certaines conséquences comme le blocus imposé par Napoléon 1er à l'Angleterre, elle même principale pourvoyeuse de ressources à l'Islande. Cet isolement a forgé chez les Islandais un véritable idéal pacifiste et neutraliste. Cependant les réalités géopolitiques vont rattraper ce peuple nordique car comme le déclare l'Allemand Haushofer : "Celui qui contrôle l'Islande a dans les mains un revolver pointé sur l'Angleterre, les Etats-Unis et le Canada". Lors de la Deuxième Guerre Mondiale, les Alliés, ayant parfaitement conscience de la valeur stratégique de l'île, ont décidé de s'y déployer de manière préventive, les Britanniques, tout d'abord, en mai 1940 suivi par les Américains, après qu’un accord de défense ait été signé,  en juillet 1941. Les velléités neutralistes des Islandais les incitent à négocier le départ des Américains dès la fin du conflit. C'était sans compter la bipolarisation du monde consécutive à la guerre et la déclaration de Haushofer retrouvait alors toute sa dimension. Les Etats-Unis ont à nouveau pesé de tout leur poids pour faire pencher l'Islande dans le camp occidental. Après avoir signé un nouvel accord en 1946, accord de Keflavik, l'Islande, pays sans armée, intègre l'OTAN en 1949 mettant sous l'éteignoir son désir de neutralité pour des raisons pragmatiques de sécurité et d'économie. Ces décisions se traduisent physiquement par l'installation de 5000 soldats américains sur la base de Keflavik ce qui rapporté à la population islandaise, environ 250000 âmes, correspond à une très forte présence. Celle-ci impacte nécessairement le mode de vie local, les habitants découvrant la modernité américaine et son formidable attrait. Cette présence est néanmoins mal supportée et les Islandais manifestent régulièrement pour le départ du contingent U.S.

Carte de l'Islande - Crédit inconnu


Avec la chute de l'URSS en 1991 et l'éventualité d'une pax americana sur le monde, la position de l'Islande perd de son caractère stratégique. Le pragmatisme anglo-saxon pousse les Américains a reconsidéré leur présence sur l'île bien que l'accord de Keflavik les lie jusqu'en 2001. Les Islandais ne possédant pas de système de défense autonome et ne disposant d'aucune alternative, cherchent en revanche à retenir le plus longtemps possible l'armée américaine sur l'île d'autant que la base joue un rôle non négligeable dans l'économie du pays. Finalement, les Etats-Unis décident unilatéralement de se retirer à compter de septembre 2006,  scellant ainsi la fin de la place stratégique de l'Islande.

F-15 américains sur la base de Keflavik - crédit inconnu

Renouveau stratégique?

Engluée dans ces difficultés économiques et politiques, l'Islande pourrait néanmoins retrouver un rôle stratégique lié à sa position géographique dans un avenir proche. En effet, la proximité de l'île avec le cercle polaire peut lui rendre un certain attrait notamment pour les pays ne disposant pas de ce voisinage. Pour mémoire et comme je le rapportais dans un billet précédent, l'accélération de la fonte des glaces fait de l'Arctique une future région majeure du transit commercial mondial. Mais surtout la zone détient 13% des réserves mondiales de pétrole, 30% pour le gaz naturel et 20% du gaz naturel liquide selon l'US Geological Survey.
Pour tenter de sortir de la crise, l'Islande a fait le choix historique - et peut être un peu opportuniste - de demander son rattachement à l'Union Européenne en 2009. Celle-ci, cherchant le consensus sur le traité de Lisbonne avant de penser à un nouvel élargissement, n'a pas donné d'assurance aux Islandais. Cette attitude ajoutée à l'"abandon" américain laisse un boulevard à la Chine qui n'a pas caché sa volonté d'aider l'Islande à se redresser notamment en fournissant près de 500 millions d'Euros aux banques islandaises. Cela entraîne bien évidemment la bienveillance des autorités islandaises et des initiatives individuelles telles que celle du Chinois Huang Nubo montrent tout l'intérêt de la Chine pour cette région.



Et la France?

Comme pour l'Union Européenne, la France a sans doute intérêt à un rapprochement avec l'Islande ne serait ce que pour limiter les intervenants extérieurs au cercle arctique et notamment la Chine. Au départ des Américains en 2006, l'Islande ne s'est pas constituée de défense et elle compte aujourd'hui sur la présence tournante d'avions de l'OTAN pour assurer sa sécurité. La France qui a participé à cette défense tournante dès 2008 en fournissant notamment 4 mirages 2000-5 et qui ne possède pas les moyens financiers pour apporter une aide économique directe, pourrait par le biais d'accord de défense accroître ses relations avec l'Islande afin de rester présent dans le futur grand jeu que représente l'Arctique.

vendredi 21 octobre 2011

Editions HEIMDAL: l'Histoire au coeur normand!

Internet est sans aucun doute un merveilleux outil qui donne le sentiment d'une réelle liberté d'expression. Bien sûr, on peut trouver à peu près tout ce que l'on cherche à condition d'un peu de méthode. Cependant, cette facilité d'accès à la connaissance provoque inéluctablement de grosses difficultés pour le monde de l'édition traditionnelle. Et pourtant certaines maisons possèdent un savoir-faire unique et le plaisir occasionné par la manipulation d'un de leurs ouvrages supplante la version dématérialisée. Les éditions HEIMDAL se classent indéniablement dans cette catégorie.

Source HEIMDAL
Créée en 1975 par Georges Bernage (qui publiera également 39/45 magazine en 1983 et qui deviendra Historica), cette maison occupe le château de Damigny dans la campagne normande proche de Bayeux et ce lieu quelque peu intemporel est sans doute propice à l'édition de revues historiques. Ce sont ses racines régionales qui sont à l'origine de son nom à consonance scandinave (Heimdall avec deux l étant un personnage de la mythologie nordique) souvenir de l'invasion viking. Cette même terre fut également profondément marquée par la Seconde Guerre Mondiale et c'est en traitant de ce sujet historique que la maison d'édition a acquis ses lettres de noblesse. Tout d'abord spécialisées dans l'histoire normande, les éditions HEIMDAL s'intéressent rapidement au débarquement et à la bataille de Normandie avant de faire de la 2ème Guerre Mondiale le cœur de leur production.



Didactiques et toujours bien illustrées, les livres HEIMDAL acquièrent rapidement une renommée internationale et notamment les gros volumes. En effet, les spécificités de cette maison résident dans l'accumulation d'un très grand nombre de photos - jusqu'à un millier pour certains albums - et surtout sur le caractère inédit des éléments publiés. La qualité de ces ouvrages leur vaut d'être recherchés par les amateurs.

Source HEIMDAL
Aujourd'hui, les éditions HEIMDAL ont conservé leurs centres d'intérêt initiaux auxquels s'est rajouté l'histoire médiévale. A quelques semaines de Noël, un petit passage sur leur site pourra peut être donner de belles idées de cadeau pour les historiens de chaque famille.

dimanche 16 octobre 2011

Berlin: j'ai vécu l'Histoire

Une récente  conversation 2.0 sur twitter (merci @Pierre_Sk) a fait resurgir mes souvenirs d'enfance et tout l'attachement que je ressentais pour la ville de Berlin. Si l'on considère que nous fêtons les 50 ans de la construction du mur et les 20 ans de la réunification allemande ce billet certes personnel reste à propos.

Berlin l'envoûtante

Mon père, militaire, fut donc muté à l'été 1982 pour cette ville qui n'était plus "que" la capitale de l'Allemagne de l'Est (République Démocratique d'Allemagne, DDR pour les germanophones) et la tête de pont du monde occidental au sein du Pacte de Varsovie. A l'âge de 8 ans, difficile de bien comprendre le concept de guerre froide mais les quatre années qui ont suivi m'ont permis de mettre des images en face de cette notion quelque peu abstraite à la différence de la grande majorité des Français. A l'époque on parlait encore de Forces Françaises en Allemagne (avant que le politiquement correct et la construction européenne ne s'en mêlent et que l'on dise ensuite Forces Françaises stationnées en Allemagne) et la mutation berlinoise était l'eldorado du militaire français (n'appartenant ni à la légion étrangère ni aux troupes de marine). Les opérations extérieures étaient rares et la plus grande partie de l'armée française s'exerçait à résister du mieux possible aux "hordes soviétiques" débouchant par la trouée de Fulda.
Crédit inconnu
C'est vrai que la vie berlinoise pouvait se montrer exaltante car pour oublier l'encerclement du mur, la ville et ses habitants se montraient particulièrement festifs, le Kurfürstendamm rassemblant les noctambules dans une profusion de cabarets, boîtes de nuit et bars branchés. Grande métropole, la ville en elle-même est dotée de nombreux espaces verts (créés sur les décombres de la ville après sa chute en 1945) et de lacs qui donnent l'impression d'être à la campagne. De plus, les Américains vivant quasiment en autarcie dans leur zone (même les employés des fast-food venaient des Etats-Unis), les Berlinois semblaient plus proche des Anglais et des Français comme le succès des portes ouvertes du Quartier Napoléon et la vente massive de baguettes le démontraient chaque année.

Julius Leber Kaserne, anciennement Quartier Napoléon 
 Berlin aux deux visages

Le Quartier Napoléon, c'est justement l'un des premiers indices du monde particulier dans lequel nous évoluions pour l'enfant que j'étais. Nous habitions cité Joffre voisine de la caserne (qui hébergeait le 11ème régiment de chasseurs et le 46ème régiment d'infanterie) et régulièrement nous pouvions assister aux exercices de protection du site, avec des militaires postés aux miradors, des patrouilles le long du mur d'enceinte (que je prenais d'ailleurs pour le mur de Berlin la première fois que je l'ai vu) et les soldats qui reconnaissaient l'emplacement des mitrailleuses et des lance-roquettes anti-char. Bizarrement également, nous croisions parfois de grosses berlines noires d'une autre époque gravitant autour du quartier qui n'avait pourtant rien de très touristique.
Chaque départ en vacances pour quitter la ville puis pour revenir était en soi une aventure épique. Si vous preniez la voiture, le parcours était immuable et particulièrement fastidieux: au moment de quitter Berlin Ouest, il fallait tout d'abord s'arrêter au poste allié pour enregistrer votre passage, un dossier de consignes nous était alors remis pour la traversée du "couloir", l'itinéraire obligatoire à suivre pour rejoindre l'Allemagne de l'Ouest. Après ce premier arrêt, il fallait rejoindre un check-point russe et cette fois attendre le bon vouloir des gardes pour s'engager dans le couloir, et cela pouvait prendre un temps certain. les plantons russes profitaient régulièrement de l'occasion pour échanger un insigne contre des paquets de cigarettes... Une fois l'autorisation obtenue, nous suivions l'autoroute unique route autorisée à la vitesse maximum de 100km/h pour rejoindre la frontière avec l'Allemagne de l'Ouest où le scénario se répétait: attente du bon gré russe pour franchir cette frontière et ensuite passage au poste interallié pour rendre compte du trajet (de ce que l'on aurait pu apercevoir, véhicule militaire etc.) et rendre le dossier de consignes.
L'autre moyen de transport couramment utilisé était le TMFB, le train militaire français de Berlin  qui au départ de Strasbourg nous ramenait dans la cité allemande de nuit. Au petit matin, nous passions le long du mur avec d'un côté Berlin Ouest illuminé et de l'autre Berlin Est à peine éclairé. Avec un oeil un tout petit peu attentif, on pouvait constaté que si les façades donnant sur la voie étaient souvent fraîchement peintes il n'en était pas du tout de même pour le reste des bâtiments. Ce passage entre les deux Berlin vous replongeait immédiatement dans la réalité de la guerre froide, même pour un enfant qui chaque fois qu'il prenait ce train apercevait un foulard blanc agité à une fenêtre, témoignage d'un remerciement muet et constant d'une mère dont le fils a pu rejoindre Berlin Ouest en se cachant dans un des wagons...

Le Train Militaire Français de Berlin: crédit inconnu

La guerre froide, je l'ai pris de plein fouet la première fois où j'ai pu me rendre à Berlin Est: le choc des mondes. Pour cette visite, nous empruntions un véhicule officiel, à savoir un combi Volkswagen, oui oui les mêmes que les hippies dans les années 70 mais peint en kaki. Nous franchissions le mur à hauteur du célèbre checkpoint Charlie comme si nous franchissions une barrière temporelle, à la différence de l'Ouest, le mur est de ce côté totalement vierge de graffiti, pour la bonne raison qu'il est tout bonnement interdit de circuler sur ce côté de la route. Les voitures se ressemblent toutes  ce sont les célèbres trabants seules quelques berlines appartenant aux apparatchiks du régime circulent. Le centre historique de Berlin se trouve à l'Est est les monuments sont dans l'état de la fin de la seconde guerre mondiale, criblés de balles. Les autres quartiers, reconstruits sont découpés à la serpe de grandes artères encadrées par de grands bâtiments communautaires, les cuisines étant partagées par plusieurs familles. La réalité du communisme est-allemand, nous l'avons découvert dans les magasins d'alimentation. Une des consignes données pour ces visites était d'éviter d'acheter les produits de première nécessité afin de ne pas en priver les Allemands de l'Est qui en manquaient déjà. Ainsi comment ne pas être surpris de voir une file d'attente devant une boucherie dont l'étal est quasiment vide et dont la viande est servie en conserve. La propagande est-allemande, bien rôdée, montrait aux clients qu'il en était de même à l'Ouest en publiant des photos de file d'attente devant les premiers Mac Donald's européens...

Crédit inconnu
 Caméras sur le toit des bâtiments, les hommes de la Volk Polizei (VoPo) armés dans les rues, rassemblement de plus de cinq personnes interdits, défilé militaire tout les mercredis, le départ d'un camarade de classe pour la France après que son père fut blessé dans une mission de l'autre côté autant d'exemples du véritable visage de l'Allemagne de l'Est autant de choses qui créaient une atmosphère particulière dans Berlin Ouest et le sentiment de vivre l'histoire aux premières loges. Avec le regard de mes dix ans, j'ai parfois du mal à comprendre les nostalgiques de la guerre froide  qui regrettent la lisibilité géopolitique de l'époque et encore moins les tenants du communisme même si aujourd'hui on lui donne souvent et pudiquement un autre nom. En plagiant JF Kennedy, j'aime à dire "Ich bin ein Berliner" et même si la ville a radicalement changé aujourd'hui, il est bon de se souvenir qu'elle fut victime de deux extrémismes politiques.
Bien plus légèrement, mon souvenir berlinois, c'est surtout la douce nostalgie d'une enfance heureuse et insouciante...

dimanche 9 octobre 2011

Knowledge Development: une des leçons de l'Afghanistan pour l'OTAN

L'approche globale

Lors d'un récent entretien, le général américain Stanley McChrystal, ancien chef de la coalition de 2009 à 2010, s'est montré particulièrement critique sur les résultats obtenus en Afghanistan. Libéré de son devoir de réserve parce qu'il a quitté le service actif, il note que seulement 50% du travail a été fait et plus important encore, il dénonce les lacunes graves concernant la connaissance du pays et de sa culture qui, pour lui, perdurent encore aujourd'hui dans l'armée américaine. L'insurrection afghane a en effet remis en exergue la nécessité d'obtenir du renseignement autre que militaire pour s'y opposer. C'est sur cette base de réflexion que l'OTAN a défini une approche globale et éditer en août 2008 un concept "knowledge development" (KD).

Source: defense.gouv.fr

le Knowledge Management (la gestion de connaissances) du militaire

Le knowledge development ou développement de la connaissance est un processus qui se veut collaboratif et itératif. Il assure la collecte de données et d'informations, leurs analyses et le partage des connaissances ainsi obtenues. La complexité des crises actuelles, qui combinent régulièrement différentes menaces, engendre un besoin en information qui dépasse largement le seul domaine militaire. Dans ce cadre, le Knowledge development définit une nouvelle approche pour la collecte des données en utilisant les compétences internes à l'OTAN mais aussi en sollicitant les organisations civiles ou non gouvernementales. Ces données sont ensuite synthétisées dans le but de fournir, aux niveaux stratégique et opératif (théâtre d'opération) des informations exploitables de natures variées: Politique, Militaire, Economique, Social, Infrastructure, Information PMESII. Le principal objectif de cette démarche est d'apporter une meilleure compréhension de l'environnement opérationnel dans les phases de planification et de conduite des opérations.
3 étapes commandent ce processus:

Source CICDE
  1. l'acquisition de l'information: celle-ci s'appuie essentiellement sur les sources dites ouvertes (internet, presse, thèse, etc.) mais aussi sur les organisations qui évoluent dans la zone d'intérêt de l'OTAN.
  2. l'analyse: c'est l'analyse systémique qui est mise en oeuvre pour étudier les intervenants (adversaires, adversaires potentiels, neutres, etc.) dans leur environnement.
  3. le transfert de la connaissance: la connaissance acquise doit être accessible facilement pour la bonne personne, au bon moment et au format approprié tout en respectant les règles de confidentialité lorsque cela s'avère nécessaire.
Irriguer l'OTAN

Le concept du KD date donc de 2008. Depuis, l'OTAN a édité mi-2009 un projet de knowledge development handbook (manuel du KD) dans lequel une organisation est proposée pour réaliser cette nouvelle fonction. 3 niveaux sont ainsi définis:
  1. le Knowledge Management Center (KMC) pilote la chaîne KD.
  2. le Knowledge Development Center (KDC) assure la collecte d'informations et leur analyse au niveau stratégique.
  3. le Knowledge Center (KC) apporte au niveau opérationnel son expertise issue de ses capacités propres d'analyse mais aussi des données issues de la chaîne KD.
Le processus KD est aujourd'hui partie intégrante de la planification opérationnelle de l'OTAN et les programmes de formation ont été actualisés depuis 2010 dans les écoles (Oberammergau et Ankara). 

Risques et opportunités


  • Comme on l'a vu précédemment, le démarche KD s'appuie sur l'utilisation massive de sources ouvertes pour des recherches quasiment dans toutes les directions. Le risque est grand, aujourd'hui d'être débordé par le flot de données généré par cette collecte. Cela implique donc de fournir les ressources humaines adéquates mais aussi les outils pour gérer ces données. La priorité sera, néanmoins, de savoir fixer précisément les besoins, notamment en définissant les zones d'intérêt stratégique.
  • Autre difficulté, la gestion de la confidentialité est nécessairement complexe. En effet, l'accession aisée à l'information est contradictoire à son aspect confidentiel. De plus, le nécessaire dialogue avec les organisations civiles, étatiques ou non gouvernementales se traduit inévitablement par un échange de données. Il est alors primordial de définir quelles informations peuvent être partagées avec ces intervenants.
  • Enfin, il apparaît que le niveau tactique n'est pas représenté  dans la chaîne KD. Cependant, c'est bien sur le terrain que les contacts se font le plus couramment avec les organisations actives dans la zone d'intérêt, les représentants de l'Etat, etc. La force est comme souvent un des principaux vecteurs de collecte de données.

Après avoir rejoint le commandement intégré de l'OTAN, la France est nécessairement partie prenante de ce nouveau processus. Elle doit donc adapter ses structures militaires pour l'assimiler et ainsi préserver sa capacité à conduire des opérations au sein de l'Alliance Atlantique. C'est donc l'opportunité  pour elle de développer une capacité d'influence dans l'OTAN en s'appuyant sur son héritage historique: "Conduire d'un même geste l'effort économique et politique: l'action civile et l'action militaire ont pour lien la simultanéité" le maréchal Lyautey au Maroc.


Source:
http://www.jwc.nato.int/article.php?articleID=366
http://www.cicde.defense.gouv.fr/spip.php?article614

samedi 8 octobre 2011

Les Simpsons instigateurs (malgré eux?) du French-bashing* menacés

La nouvelle a défrayé la sphère médiatique depuis près de deux jours: La série autour de la famille Simpsons  pourrait ne pas être reconduite par Foxnews. A l'idée de ne pas voir de nouvelles péripéties du fantasque Homer et de son fils Bart, bon nombre de Français risquent d'éprouver un grand vide télévisuel tant leur popularité est importante dans notre pays.


Mais parmi nos compatriotes combien savent que c'est une réplique issue de ce dessin animé qui sert encore aujourd'hui à exprimer la détestation de la France (plus exactement de ses habitants) par les Américains. En 1995, l'un des auteurs de la série avait décrit les français comme étant  des "chease-eating surrender monkeys" que l'on pourrait traduire sobrement par les singes capitulards mangeurs de fromage. L'intention de ce scénariste n'était sans doute pas de porter un jugement mais plus de faire un bon mot dans une série qui est souvent caustique.

Ralliement francophobe

Cette image peu flatteuse fut donc reprise avec beaucoup de force en 2003 lorsque la France refusa de s'engager au côté des Etats-Unis dans la guerre contre l'Irak et c'est le journaliste Jonah Golberg du National Review qui s'en est emparé pour montrer sa désapprobation. Il n'en était d'ailleurs pas à son coup d'essai puisqu'en 1999, il avait déjà publié les 10 bonnes raisons pour détester les Français dont notamment le fait que nous ayons laissé les Allemands prendre Paris sans tirer un coup de feu. Sa campagne de dénigrement a tellement bien fonctionné, les Américains étant déçu de ne pas nous voir avec eux dans ce conflit irakien, que l'expression est rapidement devenue un "cliché journalistique". Et celui-ci à la vie dure car l'image est régulièrement reprise comme lors de la mort d'Oussama Ben Laden, les Français étant accusé d'avoir critiqué la joie des Américains à l'annonce du décès du leader d'Al-Qaida. Au pays roi du capitalisme, vous pouvez d'ailleurs acheter sur internet différents objets arborant la caricature initiée par les Simpsons.


Dernière nouvelle, le site de CBS annonce que la série est reconduite pour au moins deux ans, l'occasion d'aller boire une bière avec Homer (et avec modération) et de se montrer fair-play (surtout en ce jour de victoire contre l'Angleterre en coupe du monde de rugby).

* dénigrement des Français

dimanche 2 octobre 2011

Quand le XV de France se prend pour la Task Force La Fayette

Sport de combat par excellence, le rugby et l'armée sont souvent liés au travers des métaphores . Ce billet ne fera donc pas preuve d'originalité  mais la frustration provoquée par la récente défaite des Français face au Tonga sensé être une nation bien plus faible dans ce sport m'a immanquablement rappelé les difficultés rencontrées par nos troupes en Afghanistan.
Bien évidemment et fort heureusement dans cette défaite "rugbystique", il n'y a pas mort d'hommes. Cependant, elle redonne la possibilité pour nos amis anglo-saxons de pratiquer l'une de leurs activités favorites à savoir le "french bashing".


Il serait d'ailleurs intéressant d'étudier avec plus d'attention ce qui nous vaut cette réputation peu reluisante (sans doute que la défaite de 1940 et la non participation à la guerre en Irak n'y sont pas étrangers).

Ressenti et réalité

Pour reprendre l'analogie entre ce début de coupe de monde et la situation en Afghanistan, il apparaît naturellement que l'aspect psychologique est fondamental dans la perception d'une victoire. Ainsi, en commettant quelques erreurs et en étant déjà en manque de confiance, les joueurs français n'ont pas su mettre en place leur jeu pourtant bien supérieur à celui de l'adversaire du jour. Au final, les Français perdent ce match contre une équipe bien plus faible et alors que l'essentiel est là, à savoir une qualification pour les quarts de finale de la coupe du monde, le grand public ne retient quasiment que la victoire du Tonga alors que ce dernier est dorénavant éliminé.

Crédit: REUTERS
C'est ce même paradoxe que l'on peut retrouver en Kapisa où la Task Force La Fayette oeuvre quotidiennement. Ses opérations sont souvent contraintes par la nécessité de ne pas favoriser la communication des insurgés et lorsque les pertes s'accumulent, on décide d'une pause opérationnelle pour ne pas perdre l'opinion publique laissant le champ libre aux adversaires. Ces derniers agissent par coup d'éclat qui là encore retiennent facilement l'attention du public au détriment du travail de fond réalisé par les troupes de l'OTAN.

Annonces anticipées?

Lorsque le chef de l'état a signifié le retrait des troupes françaises d'Afghanistan pour la fin 2014, il a indéniablement répondu à l'attente d'un certain nombre de nos concitoyens. Sur le terrain, en revanche, cette décision contribue certainement à compliquer la tâche des soldats. Les Taliban savent donc qu'ils doivent se montrer patients (d'autant que les Etats-Unis ont également annoncé le retrait de leurs forces) et en attendant cette échéance, ils peuvent se positionner pour remplacer "l'occupant " à son départ. De même, les Afghans habituellement favorables à l'ISAF sont amenés à davantage de neutralité pour ne pas risquer d'être traités comme collaborateur, sans compter tous ceux qui seraient tentés de rejoindre l'insurrection tels nos résistants de la dernière heure.

Crédit inconnu
La fédération française de rugby a, avant même le début de la compétition, décidé d'annoncer le départ du sélectionneur Marc Lièvremont dès la fin de la coupe du monde et son remplacement par Philippe Saint-André. Cette annonce a forcément, elle aussi, un impact sur le comportement des joueurs, même inconsciemment. Pour ces derniers, si le sélectionneur n'est pas reconduit dans ses fonctions alors quelle obligation autre que morale (et c'est déjà pas mal) ont ils à suivre ses recommandations? Puisque le risque est moindre de ne pas revenir en équipe de France s'ils ne suivent pas à la lettre les directives, l'autorité de Lièvremont se trouve donc affaiblie et il doit s'appuyer sur d'autres leviers pour obtenir ce qu'il souhaite de son effectif.

Crédit inconnu
Quoiqu'il en soit c'est dans la difficulté que se forge la vraie cohésion et que les caractères se révèlent. Que ce soit pour la Task Force Lafayette ou pour l'équipe de France (chacune dans leur domaine et leur importance relative), elles ne manquent pas. Raison de plus pour leur apporter un soutien sans faille dans l'adversité alors allez les petits!!! Allez les bleus!!!

samedi 24 septembre 2011

De l'importance de l'apprentissage de l'anglais au sein des armées

Multinational = anglais

Les opérations actuelles démontrent que, pour la France, il est quasiment impossible d'intervenir autrement que dans le cadre d'une coalition. Qu'elle soit placée sous le commandement de l'OTAN, de l'ONU de l'Union Européenne, les différents intervenants s'expriment systématiquement dans la langue anglaise au détriment de la langue française, celle de la diplomatie - et de l'escrime - qui, il faut bien l'avouer, est particulièrement difficile à apprendre. En tant que Français, il est évidemment possible de regretter cet état de fait mais vouloir s'y opposer semble aujourd'hui un combat d'arrière-garde.



Lorsqu'en 2009, Nicolas Sarkozy a fait le choix de réintégrer la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN, de nombreux postes se sont ouverts dans les différents états-majors de l'alliance pour les militaires français. Au delà des aspects purement pratiques de mutation à l'étranger, une des principales difficultés pour pourvoir ces postes réside dans le nombre croissant mais toujours limité de personnes parlant correctement l'anglais. Et ce "correctement" n'a rien d'anecdotique. En effet, les plus hauts responsables possèdent une bonne connaissance de la langue de Shakespeare et disposent souvent de l'aide d'interprètes. Pour les autres, cette connaissance est parfois plus approximative.

L'influence par la langue
Les militaires français n'étant pas différents de leurs compatriotes, ils ont moins de facilités que les Européens du Nord pour apprendre l'anglais et cela a un impact, notamment dans la prise de décision lors de l'élaboration des ordres. Lors d'un stage récent au sein du Corps de Réaction Rapide France (CRR-FR) à Lille, un formateur britannique notait le déficit d'intervention des officiers français lors des briefings. Il mettait cela, sans doute à juste titre, sur le niveau trop faible de la connaissance de la langue et de ses subtilités qui empêcheraient les Français de faire valoir leurs arguments. Cette réflexion met en lumière l'énorme avantage que possèdent les anglo-saxons dans la prise de décision grâce au fait que celle-ci se fasse dans leur langue.

Cette problématique est bien prise en compte au sein des états-majors français et elle se traduit par  l'importance accordée à l'apprentissage de la langue anglaise dans tout les cycles de formation et notamment dans le cursus des officiers. Beaucoup reste à faire car comme le montre la vidéo suivante sur le ton de la plaisanterie, les quiproquos liés à une mauvaise maîtrise de la langue anglaise peuvent avoir des conséquences dramatiques lors de manoeuvres tactiques.